Kierkegaard et la philosophie française: Bilan et prospective Université Catholique de Louvain Louvain-la-Neuve 24-26 avril 2013

Nos Envía el profesor Leclercq, del Fondo Michel Henry, esta invitación:

"Madame, Monsieur, Chers Collègues et Chers Amis,

 Je vous transmets, avec de l'avance, le programme du colloque que j'organiserai du 24 au 26 avril à Louvain-la-Neuve, autour de Kierkegaard. Les heures des conférences et les informations pratiques suivront. Je vous enverrai aussi bientôt des informations sur les journées d'études des 5 et 6 mars, autour de et en présence de Claude Romano et Jean-Luc Marion, toujours à Louvain-la-Neuve. Le programme est en cours de finalisation. Au plaisir de vous retrouver! Bien cordialement,

Jean Leclercq
Secrétaire général ASPLF
Université de Louvain
Faculté de Philosophie Arts et Lettres"
Contact : jean.leclercq@uclouvain.be

Aquí tenéis todos los detalles de este coloquio, si tenéis ocasión de asistir, merecería mucho la pena:
https://skydrive.live.com/redir?resid=E0F659C2BB3E2726!706&authkey=!ADc7mzpodTzpZ10


La philosophie française des années 1930 se trouve marquée par une double réception : celle de la phénoménologie allemande — Husserl, Heidegger, mais aussi Scheler ou Jaspers — et celle de la pensée de Kierkegaard. Or, davantage encore que d’une double réception, il serait plus juste de parler ici d’une réception conjointe : non seulement parce qu’à bien des égards, elles sont toutes deux assurées par les mêmes auteurs — que l’on pense ici, malgré le caractère divergent de leurs lectures, à J. Wahl et à L. Chestov —, mais aussi parce que la phénoménologie allemande elle-même, au moins sur son versant post-husserlien, revendiquait ouvertement l’héritage kierkegaardien, autorisant voire encourageant ce rapprochement.
Une telle configuration historique — qu’il s’agirait bien entendu de détailler — jetterait ainsi une lumière non négligeable sur l’acte de naissance de la phénoménologie française. Non seulement parce qu’elle permettrait de comprendre pourquoi, dans la décennie suivante, elle allait se lier, via J. Wahl lui-même mais aussi via J. Hyppolite, à une certaine réception « existentielle » de Hegel, et se trouver dominée par la figure de l’existentialisme dont tant le geste philosophique propre — la « philosophie de l’existence » — que les thèmes-clés — l’angoisse, la situation, la liberté, la transcendance — seront finalement davantage kierkegaardiens que heideggériens ; mais aussi parce qu’elle rendrait a contrario possible une série de questions nouvelles susceptibles d’intéresser, dans un même mouvement, tant l’avenir de la phénoménologie qu’une partie plus méconnue de son histoire.
En 1961, en effet, la percée phénoménologique accomplie par E. Lévinas dans Totalité et infini, et la lecture fondamentalement critique qu’il y propose de ses prédécesseurs, s’accompagne d’une prise de distance tout aussi fondamentale à l’égard de Kierkegaard qui, aussi laconique qu’elle soit, fournit dans sa formulation même comme un condensé du geste lévinassien : « Ce n'est pas moi qui me refuse au système, comme le pensait Kierkegaard, c'est l'Autre. »
Deux ans plus tard, dans L’essence de la manifestation, et de manière non moins déterminante, c’est bel et bien de Kierkegaard que se revendique M. Henry, mais d’un Kierkegaard dont il refuse toute compromission avec le traitement qu’en proposait ce qu’il allait bientôt nommer la « phénoménologie historique » : s’opposant au diagnostic formulé dans Sein und Zeit d’un déficit ontologique de la théorie kierkegaardienne de l’existence, Henry note que, « parce que la détermination de l’existence […] s’élabore en fait chez Kierkegaard […] à partir de la structure interne de l’immanence et en elle, elle ne revêt pas seulement une signification ontologique, “existentiale”, manifeste, mais présuppose encore une conception de l’ontologie radicalement différente de celle des Grecs et de Hegel comme de Heidegger luimême ». Ainsi, de même que l’introduction de la phénoménologie en France, dans les années 1930, s’était trouvée surdéterminée par celle de Kierkegaard, de même son renouvellement, à l’orée des années 1960 et dans une sorte de « répétition » de ce geste inaugural, s’opérerait au prisme d’une redéfinition en profondeur de la nature, du sens et de la portée de la dimension « phénoménologique » de l’œuvre kierkegaardienne.
Aussi l’histoire de la phénoménologie française, et jusque dans ses « moments » déterminants, serait-elle habitée, voire hantée, par une pluralité de figures de Kierkegaard, plus ou moins convergentes. Nous voudrions inviter les contributeurs de ce colloque à interroger, sur un mode à la fois historique, thématique et prospectif :
1/ Certains moments — ou auteurs et penseurs — déterminants de cette histoire complexe dont nous avons indiqué les grandes lignes ;
2/ La manière dont la tradition phénoménologique française, dans son acte de naissance comme dans celui de son « recommencement », s’est donnée les moyens d’hériter, mais au prix de quelles sélections, distorsions voire déviations, d’un certain nombre de « thèmes » kierkegaardiens — et par là même, de différentes figures, qui ne sont pas nécessairement compatibles, de Kierkegaard.
3/ Le mode sur lequel la phénoménologie d’expression française, dans ses paradigmes contemporains, hérite à son tour, dans sa fidélité ou son infidélité à l’égard de ces deux moments déterminants de son histoire, de la pensée de Kierkegaard, en insistant sur sa fécondité potentielle, eu égard à l’avenir de la phénoménologie.

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